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Protée

Volume 31, numéro 1, printemps 2003, p. 65-70

La transposition générique

Directeur : François Ouellet

Rédacteurs : François Ouellet et Michelle Côté

Éditeur : Département des arts et lettres - Université du Québec à Chicoutimi

ISSN : 0300-3523 (imprimé)  1708-2307 (numérique)

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Article

Louise RobertLa peintre qui écrit

Gilles Daigneault


 

Figure 1

No 78-274, 2002. Huile sur toile, 198 x 214cm.

1

La première « vraie » exposition de Louise Robert à la Galerie Curzi, à l’automne 1975, s’appelait écritures, et la configuration dans la salle de ce corpus de dessins austères évoquait effectivement les pages d’un gros livre d’artiste. Non pas un livre relié ni linéaire, mais plutôt hétérogène et spatialisé ; mimétique surtout. Par la suite, l’artiste ne cessera jamais d’écrire sur ses dessins et sur ses toiles, qui auront cessé d’être austères. De « drôles » de mots (dans tous les sens du terme) qui seront la marque de son écriture graphique et picturale, son mode d’appropriation bien à elle de l’«ut pictura poesis ». En somme, c’est toute sa production de presque trente ans qui constituerait un livre gigantesque...

 

Figure 2

No 78-273, 2002. Huile sur toile, 198 x 214cm.

Un jour, la philosophe Anne Cauquelin a écrit joliment : « au Japon au xie siècle les samouraïs étaient lettrés il y a bien du samouraï chez louise robert ». Il y aurait aussi, peut-être, du Sarraute, notamment celui de Ouvrez : « Des mots, des êtres vivants parfaitement autonomes sont les protagonistes de chacun de ces drames ». Mutatis mutandis, telle est aussi la situation des « écritures » de Louise Robert dans ses dessins et dans ses toiles. Elles en sont la matière première, au même titre que les autres signes qu’elles gauchissent diversement, mais toujours avec finesse. Elles sont donc à voir tout autant qu’à lire ou, comme le dit le Non-Lecteur d’Italo Calvino, qui devait être un merveilleux lecteur de peinture : « Le secret est de ne pas éviter de regarder les mots écrits, au contraire : il faut les regarder fixement, jusqu’à ce qu’ils disparaissent ».

 

Figure 3

No 750, 2001. Huile, crayons, papier de rebut, 56 x 60cm. Collection Anne Douville, Toronto.

 

Figure 4

No 78-255, 1999. Huile sur toile, 163 x 183cm.

 

Figure 5

No 78-272, 2002. Huile sur toile, 183 x 203cm.

 

Figure 6

No 726, 2000. Huile, collage, crayons sur papier de rebut, 62 x 64cm.


Note biographique

Louise Robert

Louise Robert peint et dessine depuis une vingtaine d’années. Elle expose, seule ou avec d’autres, dans les musées et les galeries du Québec, du Canada, de France et de Navarre. Depuis de nombreuses années, elle collabore avec des auteurs(es) d’ici et d’ailleurs dans un double mouvement : emprunts nombreux de mots, de phrases qui trouvent bonne place dans ses œuvres ; en retour, des écrivains la sollicitent pour illustrer une page couverture, pour accompagner ses images de leurs propres mots. Sa plus récente exposition, dont le commissaire invité est Gilles Daigneault, au Musée d’art de Joliette (mars-août 2003), qui se trouve être aussi une première rétrospective, et qui sera visible au Centre d’exposition de Baie-Saint-Paul à partir de janvier 2004, permettra au lecteur intéressé de voir de nombreuses œuvres et de s’informer dans l’important catalogue publié à cette occasion.

Auteur : Gilles Daigneault
Titre : Louise Robert : La peintre qui écrit
Revue : Protée, Volume 31, numéro 1, printemps 2003, p. 65-70
URI : http://id.erudit.org/iderudit/008502ar

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